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Les hommes victimes des femmes ?
Des réseaux à la vraie vie (3/4)
Des réseaux à la vraie vie
Aujourd'hui, la violence des masculinistes inquiète. Elle n'est pas seulement sur les réseaux sociaux. Elle a déjà tué. Cela s'est passé aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni... En France, en un peu plus d'un an, 3 hommes âgés de 17,18 et 26 ans, faisant partie des incels, ont été arrêtés parce qu'ils avaient le projet de tuer des femmes, dont le dernier en juillet 2025. On parle d'un nouveau risque terroriste. Sans aller jusqu'à cette violence extrême, cette haine des femmes qui grandit change les relations dans la société. Des hommes politiques l'utilisent pour se faire élire.
Des femmes tuées parce que femmes
En 1989, dans une université de Montréal, un jeune homme, Marc Lépine, 25 ans, est entré dans une université de Montréal avec un couteau et une arme. Il a séparé les garçons des filles et il a tué 14 étudiantes en criant : « Je déteste les féministes ». Pour lui, ces élèves prenaient la place des garçons dans les études.
En 2014, Elliot Rodger, 23 ans, a tué 6 personnes à Isla Vista, en Californie, puis s'est suicidé. Avant, il s'était exprimé dans des vidéos : « J'ai 22 ans et je suis vierge, je n'ai jamais embrassé une fille, cela a été une torture ». Il a déclaré qu'il allait tuer toutes ces femmes qu'il a désirées et qui l'ont rejeté. Aujourd'hui, une partie des incels appellent Elliot Rodger « le saint ». C'est, pour eux, un exemple à suivre. D'autres tueries ont eu lieu.
Dans les morts liées au masculinisme, il y a aussi des femmes assassinées par leur mari… En France, Mickaël Philetas, coach en séduction, a tué son ex-compagne Mélanie Ghione de 80 coups de couteau parce qu’elle l’avait quitté.
Un risque terroriste
En 2021, Interpol, police européenne, a déclaré que le masculinisme représente un risque terroriste car l'objectif est de créer de la terreur (une grande peur) chez les femmes.
Mais les attentats incels sont des actions individuelles : il n'y a pas d'organisation, pas de financement, pas de chef qui demande d'agir ainsi.
Des attaques sur internet
Sans aller jusqu’au meurtre, il y a des violences qui sont graves. Sur internet, les masculinistes organisent des attaques.
« Il faut vraiment qu'elle goûte à une vraie agression, suivie d'un viol groupé » ou « Dommage qu'elle soit de gauche cette salope, elle a l'air plutôt bonne (à violer) »... Ces mots, la journaliste Salomé Saqué en reçoit chaque jour. Ils sont encore plus nombreux depuis qu'elle a commencé à enquêter sur l'extrême droite et les masculinistes, souvent liés.
Cachés derrière leur écran, sous de faux noms, ils sont très présents sur internet :
- ils attaquent groupés des femmes politiques, des journalistes, des gameuses (joueuses de jeux vidéos…), des personnes LGBTQI+ (homosexuelles, trans...). Elles reçoivent des milliers de messages violents pour les faire taire et si possible disparaître d'internet. En 2 mois, la comédienne Marion Séclin a reçu plus de 40 000 menaces de mort, viol, appel au suicide, à tuer toute sa famille... jusque dans la boîte aux lettres de sa maison.
Des masculinistes ont même écrit des guides, expliquant comment la harceler. Elle avait publié une vidéo disant que draguer dans la rue n'est pas forcément une bonne idée car les femmes ne se sentent pas en sécurité quand elles sortent...
- ils diffusent des photos, parfois réalisées avec l'intelligence artificielle, de femmes nues, sexuelles... sans leur accord. Par exemple, cela peut être de leur petite amie qui les a quittés, dont ils veulent se venger. Ils donnent son nom pour qu'elle soit insultée, salie... parfois même son adresse. Ils reçoivent ainsi le soutien d'autres hommes.
La journaliste Salomé Saqué explique qu'elle s'est habituée à « vivre avec » cette haine, qu'elle n'a pas le choix car cela ne semble pas prêt de s'arrêter. Elle ajoute, en parlant des femmes : « Comme nous avons appris à nous habiller différemment pour ne pas nous faire harceler, à éviter certaines rues, certaines heures pour sortir... nous apprenons à résister psychologiquement, à faire des pauses sur les réseaux sociaux, à nous entraider ». Mais elle pense aux femmes qui ne sont pas connues, qui ne reçoivent pas de soutien. Parfois, elle a envie de hurler : « Mais pourquoi devons-nous accepter cela ? ».
Ce qu'elle ne comprend pas, c'est que les agresseurs ne sont pas punis et donc ils se sentent forts pour continuer... La société semble l’accepter. Elle se demande pourquoi le gouvernement n'agit pas contre cette violence !
Même les politiques, aux États-Unis...
Cette haine n’est pas seulement devenue normale, elle est aussi encouragée par des hommes politiques, le plus souvent d’extrême droite, partout dans le monde. Ce sont les mêmes qui attaquent les droits des personnes LGBTQI+. Ils détestent les hommes sensibles, doux… Ils veulent, comme dans les années 1950, des femmes à la maison et des hommes forts qui les protègent !
Avant son élection, Donald Trump s’est exprimé sur internet dans des groupes masculinistes, pour que les jeunes hommes votent pour lui. Et aussi parce que lui-même a un comportement masculiniste. Il a dit des femmes que « ce sont des cochonnes, des chiennes » et il était fier de les embrasser sans leur accord, ajoutant : « Quand vous êtes une star, elles vous laissent faire. Vous pouvez faire tout ce que vous voulez. Les prendre par la chatte (le sexe) ».
Quand D. Trump a été élu Président des États-Unis, Nicholas Fuentes, célébrité d’extrême droite, était en direct, en vidéo, sur les réseaux sociaux. Il a crié : « Hey les salopes ! On contrôle vos corps ! C’est ton corps, mon choix ! Les hommes ont encore gagné ! ». Il se moquait ainsi des femmes qui défendent le droit à l'avortement en déclarant : « Mon corps, mon choix ». Selon Nicholas Fuentes, le corps des femmes est la propriété des hommes. Sa vidéo a été vue plus de 20 millions de fois. Sur internet, des jeunes hommes ont demandé : « Est-ce que c'est possible d'agresser sexuellement des femmes, puisque Trump est au pouvoir ? »
Et ailleurs dans le monde
Donald Trump n’est pas le seul chef d’État à défendre des idées masculinistes… Il y a aussi le Président Vladimir Poutine qui a déclaré que le féminisme et les personnes homosexuelles représentent un danger pour la sécurité de la Russie. Il aime montrer son corps musclé, à cheval, à la chasse, à la pêche, au judo… Avant la guerre en Ukraine, il parlait du Président ukrainien comme d’une femme qu’il allait violer : « Que ça te plaise ou non, ma jolie, faudra supporter ».
Le Président argentin, Javier Milei, d’extrême droite, a supprimé le ministère des Femmes, déclarant : « Je n’ai pas à m’excuser d’avoir un pénis ». En colère contre le mouvement féministe, il juge que l'avortement est un meurtre aggravé.…
Le sexisme en France
Une étude a été réalisée par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE). Les résultats montrent que les discours masculinistes et sexistes sont de plus en plus présents dans les médias, en politique… À la télévision, des hommes disent que les femmes sont inférieures et font des blagues, ont des comportements qui peuvent être blessants ou violents… Mais cela est dit comme une opinion, un avis qui se respecte… sans contrôle, ni critique ou rappel de la vérité !
En février 2024, dans l'émission « Touche pas à mon poste », sur C8, la célébrité Loana, choquée, avait des difficultés à parler de son viol... L'animateur et ses invités se sont moqués d'elle.
Le HCE observe aussi une progression de l’image traditionnelle de la femme. Elle doit être sérieuse (42 % pensent qu'elle doit avoir peu de partenaires sexuels), douce, sensible, discrète, faire passer sa famille avant son travail, avoir des enfants, être mince, se maquiller… 67 % des hommes de moins de 35 ans jugent qu’il faut être sportif, 53 % qu’il faut savoir se battre et 46 % qu’il ne faut pas montrer ses émotions. Les différences grandissent entre les filles qui rêvent d’un monde égalitaire, sans sexisme, et les garçons qui souhaitent un retour aux valeurs plus anciennes, où la femme reste à la maison…
Alors que 94 % des femmes de 15 à 24 ans ressentent qu’il est difficile d’être une femme dans la société aujourd’hui (14 % de plus qu’en 2023), seulement 67 % des hommes de 15-24 ans le pensent (+ 8 %). Pire, 13% des hommes pensent qu’il est plus difficile d’être un homme qu’une femme.
Cependant, parmi les jeunes hommes, ils sont aussi de plus en plus nombreux à penser que les difficultés existent dans la société pour les 2 genres (31 %). Pour le HCE, c'est peut-être la preuve qu'ils s'interrogent sur la place de chacun et sont prêts à changer.
9 Français sur 10 considèrent que les hommes ont un rôle à jouer dans la prévention et la lutte contre le sexisme.
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