L'info, c'est clair !
Les hommes victimes des femmes ?
Éduquer à l'égalité (4/4)
Éduquer à l'égalité
D’un côté, il est demandé aux hommes d’être forts, virils, et de l’autre d’être sensibles, attentifs à la place des femmes… Ce n’est pas toujours simple ! Comment défendre une société égalitaire qui ne fragilise personne ? Pour beaucoup de Français, c'est par l’éducation que les choses pourront changer !
Dès l’enfance, à l’école
Selon le Haut Conseil à l’Égalité, 9 Français sur 10 souhaitent des cours d'éducation à la vie affective et sexuelle.
Depuis le 1er septembre 2025, les enseignants ont enfin un programme écrit par leur ministère pour l’« Éducation à la vie affective et relationnelle » des élèves de maternelle et primaire, et pour l’« Éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité » des collégiens et lycéens. Le texte était attendu depuis la loi de 2001 qui rend l'éducation à la sexualité obligatoire. Les élèves les plus jeunes apprendront à connaître leur corps, leurs émotions, à respecter l'autre, à exprimer un consentement (dire s'ils sont d'accord ou non), à l'égalité entre filles et garçons...
À partir du collège et lycée, les jeunes seront aussi sensibilisés au genre, seront informés sur la santé sexuelle, les violences sexistes et sexuelles (dont les enfants sont aussi victimes)... Ils seront éduqués à lutter contre les discriminations de genre, homophobes... Dans toutes les classes, il y aura 12 heures de cours par an. 7 Français sur 10 pensent que c'est la meilleure solution pour lutter contre le sexisme.
Au Royaume-Uni, la série « Adolescence » diffusée en classe
Le Premier ministre britannique a regardé la série « Adolescence », qui parle des incels, avec son fils et sa fille. Elle l’a profondément touché et aussi inquiété. Il dit avoir compris que les lois ne suffiront pas pour répondre à ce problème : « C’est en écoutant les jeunes et les associations, en apprenant d’eux, que nous pourrons trouver des solutions ». Le gouvernement a décidé que la série « Adolescence » devait être diffusée dans tous les lycées et les collèges, pour créer le débat, faire réfléchir, comme le veulent ses auteurs. En plus, dès la rentrée 2026, des cours contre la misogynie (la haine des femmes) seront obligatoires. Le Premier ministre veut aider les jeunes à trouver des modèles masculins positifs.
Un plus grand contrôle des médias...
85 % des Français souhaitent un contrôle du sexisme dans les médias. Des paroles racistes, homophobes… ont été punies d’une amende. Ce n’est pas le cas des actes sexistes.
…et des réseaux sociaux
La chercheuse Stéphanie Lamy, autrice de « La terreur masculiniste », aimerait que les algorithmes des réseaux sociaux changent. Ils ne devraient pas encourager les contenus (vidéos, articles…) violents, haineux. Les paroles sexistes, qui font des femmes des objets sexuels, devraient être supprimés de Facebook, Instagram, TikTok… Les auteurs devraient être punis.
Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a souhaité que des comptes TikTok soient supprimés. Elle a alerté sur les vidéos d’AD Laurent (1,8 million d’abonnés) qui donnent une vision de la sexualité violente, où l’accord des femmes n’est pas respecté. Elle a été entendue, son compte a disparu. Mais pas celui du coach en séduction Alex Hitchens. Le 10 juin 2025, le masculiniste devait répondre aux questions des députés et sénateurs qui enquêtent sur les effets psychologiques de TikTok sur les adolescents. En visio, il a coupé la communication brutalement, refusant de continuer les échanges. Aurore Bergé a demandé la suppression de son compte TikTok, qui était suivi par 650 000 abonnés. Cela a été fait mais pendant quelques heures seulement. Alex Hitchens a contacté son avocat et TikTok a rouvert son compte. Cet événement a été une grosse publicité pour lui et pour ses formations. Le nombre de ses abonnés a augmenté (plus de 720 000).
Il existe un site, Pharos, qui permet de signaler les violences sur internet, les mises en danger (une personne qui parle de se suicider), un appel au terrorisme... S'il y a un risque, si des vidéos, des messages, ne respectent pas la loi, la police peut demander leur suppression et intervenir s'il y a un danger pour des vies humaines. Les jeunes devraient être formés à son utilisation et à déclarer les informations fausses sur le genre qui encouragent la violence.
Aujourd'hui, des garçons se disent féministes
Mélissa Blais, sociologue spécialiste des mouvements antiféministes, remarque qu'en effet, grâce aux réseaux sociaux, aux chaînes Youtube, aux émissions de radio... les masculinistes peuvent s'exprimer partout et sont de plus en plus présents. Mais elle est « assez optimiste ». Elle observe qu'en France, comme ailleurs, de plus en plus de jeunes hommes partagent les idées des féministes ou disent qu'ils sont eux-mêmes féministes.
Commencer par s’aimer
Tous les garçons qui regardent des masculinistes ne développent pas une haine des femmes. Adolescent, Thomas (ce n'est pas son vrai nom) a beaucoup regardé les contenus masculinistes. Aujourd’hui, auprès du média Konbini, il s’en amuse : les masculinistes disent que les femmes profitent des hommes, de leur argent, mais c’est exactement ce qu’ils font eux avec leurs discussions privées payantes, leurs formations, leurs stages… Ils s'adressent aux hommes qui ne vont pas bien et profitent de leur souffrance.
Finalement, Thomas a découvert que ce n’est pas en pensant tout le temps à être en couple, à avoir des relations sexuelles, qu’on y arrive. « Pour plaire aux gens, soyez juste heureux tout seuls, devenez intéressants et vous le serez pour les autres ».
Autres chapitres de ce sujet